BASTET: l’œil de Râ!

Enigmatique, mystérieux, indépendant, indomptable… le chat était un symbole de protection et de fécondité incarné par la déesse BASTET. Fille du dieu Rê, épouse de Ptah et mère du dieu lion Miysis, BASTET était la déesse bienveillante du foyer. Bien qu’elle prenne parfois l’aspect guerrier d’une lionne dangereuse, elle est généralement représentée sous forme de chat. Déesse de la joie comme Hathor, BASTET aimait la musique et la danse, dont elle scandait les pas avec crécelle sacrée connue sous le nom de sistre, souvent décoré d’une figure de chat, qu’elle tient à la main.

Une Divinité bienveillante

Elle protégeait les hommes contre les maladies contagieuses et les mauvais esprits. BASTET a été aussi associée à « l’œil de Râ », agissant comme l’instrument de la vengeance du dieu du Soleil.

Un Talisman durant la grossesse

Considérée comme la protectrice avisée de leur progéniture, la gardienne du foyer et de la maison, la protectrice des secrets des femmes… les femmes qui voulaient être mères attentionnées pour leurs enfants suspendaient une amulette de chat autour de leur cou.

Le culte de la Déesse BASTET

Le culte de BASTET fut attesté dès la IVe dynastie mais BASTET connut sa plus grande popularité lorsque sa ville devint la capitale, vers 950 avant notre ère, sous le règne du pharaon Sheshonk. Son culte était centré sur son sanctuaire à Bubastis dans la région du delta, dont Hérodote disait qu’il était le plus beau mais elle avait aussi des temples à Thèbes, Héliopolis, Léontopolis, Memphis.  De grandes et joyeuses fêtes étaient périodiquement célébrées dans le grand temple de Bubastis, l’un des plus élégants selon Hérodote, qui nous raconte comment, de tous les points du pays, les dévots y affluaient par centaines de milliers. Le voyage s’effectuait sur le Nil au son d’instruments musicaux, flûtes et crotales ; des bons mots s’échangeaient entre les pèlerins et les femmes qui, de la rive, regardaient défiler les barques, et tout était prétexte à plaisanteries et à mascarades. Au jour dit, une splendide procession se déroulait à travers la ville et les fêtes se succédaient, pendant lesquelles il se buvait, paraît-il, plus de vin que pendant tout le reste de l’année. Pour plaire à Bastet, ses fidèles lui consacraient en grand nombre des statues de chat.

Le statut des chats

Le culte de BASTET montre la dévotion vouée aux chats dans la culture kemite. La peine encourue pour avoir tué un chat était la mort. Hérodote raconte que les Égyptiens de la période pharaonique se souciaient tellement de leurs chats qu’ils plaçaient leur sécurité au-dessus de la vie et des biens des hommes. Lorsqu’une maison prenait feu, les propriétaires se préoccupaient plus de sauver les chats et souvent en retournant dans le bâtiment en feu ou en formant un périmètre autour des flammes pour garder les chats à distance de sécurité.

Une marque de dévotion

Lorsqu’un chat meurt, Hérodote écrit : « Tous les habitants d’une maison se rasent les sourcils (en signe de deuil profond). Les chats qui sont morts sont embaumés et enterrés dans des récipients sacrés » (Nardo 117). Des chats momifiés avec soin, les cadavres des chats ont été retrouvés à Bubastis et ailleurs en Égypte, parfois enterrés avec ou près de leurs propriétaires, comme en témoigne l’identification des sceaux sur les momies. La période de deuil était considérée comme terminée lorsque les sourcils des gens avaient repoussé.

Une passion fatale

La bataille de Pelusium (525 avant JC) au cours de laquelle Cambyses II de Perse avait vaincu les forces du Pharaon Psammecheritês illustre parfaitement cette dévotion. Connaissant l’amour des kemites pour les chats, Cambyses a fait rassembler par ses hommes divers animaux, dont les chats, et les a fait conduire devant les forces d’invasion vers la ville fortifiée de Pelusium sur le Nil. Les soldats perses ont peint des images de chats sur leurs boucliers, et ont peut-être tenu des chats dans leurs bras, alors qu’ils marchaient derrière le mur des animaux. Les soldats du pharaon, réticents à se défendre de peur de blesser ou tuer les chats et démoralisés de voir l’image de Bastet sur les boucliers de l’ennemi, ont capitulé et la ville tombe aux mains des Perses. L’historien Polyaenus (IIe siècle de notre ère) écrit qu’après la reddition, Cambyses a traversé la ville en triomphe et a jeté des chats au visage du peuple des pharaons vaincus avec mépris.

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